J'ai envie de faire ma Meredith Grey. De dire des phrases qui pourraient être des citations sur des blogs, avant une série super suivie par des milliers de gens. Oui, mais non. Pas de phrases qui pourraient être des citations, et surtout pas de série passionnante ensuite ... Juste une fille qui raconte sa vie sur un blog où il y a de moins en moins de monde qui vient lire ces conneries plus ou moins juxtaposées dans un texte plus ou moins suivi. On comprend les gens.
Vous connaissez ce moment, où l'on téléphone à quelqu'un à qui on a très très envie de parler. On a le téléphone en main, et rien qu'en tapant le numéro, on sourit déjà un peu. On entend une sonnerie, deux sonneries. On a l'impression que le temps s'arrête. On attend. Puis enfin, la voix répond. Vous souriez jusqu'aux oreilles et posez l'habituelle mais très chiante question : Je te dérange pas ? Et là, on espère très fort, on trouverait normal que la personne réponde non, bien sûr que non, tu ne me déranges jamais. Mais quand il y a un blanc hésitant et un Tu peux me rappeler dans vingt minutes ? Là, on retombe vite de là où on était monté. On répond un D'accord évasif et on met fin. On coupe court. Si on n'avait aucune retenue, on fondrait en larmes, engueulerait la personne, jeterait son portable à travers la pièce où l'on est. Ce qui nous donnerait une excuse pour acheter le beau gsm qu'on a vu au magasin. Mais il ne faut pas se faire d'illusion, même en parcourant les mètres de distance qui vous sépare de l'autre côté de la pièce, le gsm survivrait, parce qu'il aurait décidé de vous pourrir la vie, rien que déjà en vous retransmettant que vous dérangiez la personne avec qui vous vouliez parler. A qui vous ne voulez plus du tout parler maintenant. Si vous le dérangez, fuck, vous n'allez pas lui courir derrière. Oui, mais bon. Vingt minutes, il a dit. Bordel, c'est long. Alors vous vous baladez, vous regardez des choes totalement inutiles que vous n'avez jamais regardées auparavant. Vous voyez quelqu'un et commencez à faire la conversation, de tout, de rien. Vous montrez vos photos qui sont sur l'appareil qui vous pend au cou. Vous êtes modeste. Oui, mais l'effet contre jour n'est pas terrible. Oui, mais là, il est légèrement flou. Oui, mais. Ouais, mais je sais que je suis une artiste invétérée, que mes photos sont les plus belles du monde, que les défauts que je vois ne sont visibles pour presque personne. Oui, mais. J'ai de la retenue. et puis oui, je trouve vraiment que là, c'est flou. Vous dites au revoir, flânez un peu. Qu'est-ce que vous foutiez là ? Merde, l'appel. Vous appelez. Il était dans une librairie. Il en pouvait rien. Vous vous êtes énervée pour rien. Entendre sa voix fait du bien, apaise. Ce qui parait absurde à beaucoup de gens. Mais vous vous sentez mieux après. Bah oui, elles sont jolies mes photos. Et alors ? Papa, Paparazzi !